Sixième lettre pour Marc Bergevin: from Floride with love

Salut mon Marco, comment va? Tu m’excuseras mon silence sans rien, ça fait bien trois ou quatre dalles qui sont tombées comme la chemise depuis ma dernière missive ancienne. Mais tsé, c’est comme qu’on le dit: même si ça fait quatre ou cinq saisons des érables dans nos cabanes, au moins on s’est bien sucré le bec entre temps. N’est-ce pas?

En fait non. Avec la covid, y’a pas bien grande cabane à sucre ces jours-ci. Tous les jours, on est comme Martin le Picard: des chefs dans nos cabanes à rien faire. Pis à force de se tourner les pouces, bien ce qui doit arriver finit par démarrer pis c’est nos méninges qui vont se faire voir. C’est bien connu: la pensée va de la tête aux pieds, mais les vraies idées commencent dans les mains. Pas pour rien qu’on dit qu’au hockey, les mains ça peut pas s’inventer.

J’ai appliqué chez vous, je t’ai-tu dit ça? Bon pas chez vous chez vous, mais pour ton CH si chéri. Oui oui. Bon encore là, pas pour être avec les Gars. Un club de hockey, après tout, c’est pas un McDice: n’importe quel taouin peut peut-être te flipper tes Big Mac, mais pas même chose pour scorer face à M-A Flower, ou faire un backcheck versus McDavid. Mes patins de salse, anyway, ils sont bien loins pis raccrochés depuis lurette déjà belle.

Mais, ce que je veux dire c’est que me suis essayé pis je t’ai sendé mon CV au Groupe CH. On m’a pas pris mais pas grave: c’est le merveilleux Wayne le Gretzky qui a dit que si tu te mets les mains au feu sur le poêle tu peux te brûler mais tu vas aussi peut-être trouver des crêpes suzette. C’était bien l’évidence que le Groupe CH me prendrait pas. On parle pas là de ballon chasseur: dans la cour d’école, tout le monde va finir par se faire choisir parce que la liste des joueurs dispo va finir par se finir. Mais pas pareil pour la Flanelle. La Flanelle, ça va pas si beau pour tout le monde. Serait trop facile sinon. Tu me vois-tu venir?

Au moment où je te prépare ça, c’est fin tempête dehors. En fait, ça l’était quand j’ai commencé la missive, mais je l’avais jamais envoyée. On y reviendra. Fin tempête, fin hiver donc pis début printemps. Tu le feeles-tu le Nowël in April, mon Marco? Là où j’en reviens, c’est que si c’est notre Nowël déjà fin avril, bien nous autres on a notre besoin de nos cadeaux. C’est bien simple: c’est la fois unique où je te dirais de nous le passer notre sapin. Surtout après l’année de caca-covid, on le prendrait notre ti-velours blanc sur le coeur – comme on l’a pris sur notre gazon la semaine antérieure. Pour Nowël cette année mon Marco, on la veut notre nation de Star. Comme le hashtag de l’autre, mais à l’envers. Sois notre Grégory Charles à nous, pis offre nous notre nation de Star.

Entéka, je t’avais préparé tout ça plus haut, mais la bouteille est pas même pas arrivée à bon port avec ma missive; en fait, je l’avais jamais lancée à l’eau! Pis de chance, parce que notre CHien national s’est emballé pour se rendre au pied de Lord Stanley. Vraiment! Les stars que je te quémandais tantôt, tu t’es dit de mes les foutre là je sais où, pis t’as parti le pari que l’académie du moment était assez forte. Digne de Lara Fabian. T’as eu raison…ou presque. Parce que si l’académie était assez forte, c’est différent quand la vie te dit de croiser Nikita Kucherov pour la Coupe. Le Kuch, je l’appelle Voldemort pis c’est ben simple pourquoi: quand tu le vois, ben c’est un vol express vers ta mort. Bye bye l’éclairant printemps-été, prêt pas prêt il était reparti vers le soleil floridien en deux petites brewskies Labatt du Kuch.

Mais mon dieu de mon dieu qu’on a eu les souvenirs. Ça fait rire pis sourire les enfants, pis même les adultes, mon Marco. Ahhhh, les souvenirs. Le Temple était toute électri-Cole à cause du ti-nouveau, le Caufield. Faque oui, adultes comme jeunôts, ils rient pis sourient. Pis un été-hiver de même, ça fait même rire pis sourire les maudits cyniques comme que je suis. Mais pas pour les mêmes réponses. Moi, je ris pis souris pour que ça fasse miroiter le miroir. Ça fausse la vérité, un tel printemps. On se prend pour la Fée des Neiges avec un tel printemps, mais la beauté est selon les yeux de Beholder. Pis Beholder, pas sûr qu’il ait les mêmes goûts que tous. On se prend pour la Cendrillon avec un tel printemps, mais le problème avec la Cendrillon c’est que la pumpkin finit toujours par faire son cheval pis revenir au galop.

Pis le galop, ben ça reprend de plus beauté dans environ une semaine. Tiens, voilà je t’ai fasforwardé ça en un court temps. On est rendu au aujourd’hui présent. Y’a les quelques concours hors-matchs depuis plusieurs jours, mais tu sais ce qu’on dit: tu vas pas goûter aux oranges jouets de mousse de tes enfants si t’as déjà goûté aux vraies. Pareille chose va pour les matchs de hockey: on s’en fout-tu des hors-concours quand t’as déjà mordu dans les oranges de Floride pour te consoler de pas avoir pu boire à même le Graal de Stanley?

Si tu veux bien après l’académie de stars à la tivi cet hiver, les v’là qui préparent la rentrée en ce moment sur les socials. Pcq c’est pas sorcier comme Sabrina. On a besoin de nos stars académiciens à nous, chez le CH: notre Lunou la courgette, notre Queenie qui aurait dû gagner parce qu’elle porte bien son nom, notre gagnant *spoilers* William, aka celui qui s’appelle comme l’autre des Black Eyed Peas pis s’attire tout le love avec sa belle famille parfaite. Sors nous donc tes lapins, mon Marco. C’est le temps.

On a vu que l’été a pas été de tout repos. Tu as décidé que Phillip le Danault valait pas son pesant d’or hollywoodien, mais aussi tu t’es fait couper l’herbe sous la lame par les maudites Canes de Sweet Caroline. Mautadine. C’est là qu’on se demande un peu si la séance devant le miroir miroitant a porté fruit. (Encore mon obsession avec les oranges…j’essaie de suivre le Guide canadien, parait-tu?) Parce que le Jesperi Kotkaniemi, ben tu nous excuseras le jeu de mots de pourri, mais j’esperi-ais qu’il soit là longtemps avec le Cole pis le bolide de course de Suzuki. Pcq c’était peut-être lui, notre Jacob “Gorge Rouge” Roberge.

Mais bon, à ce point-ci, ça compte plus. Faut faire comme les calories quand on va à la cabane d’à côté. Le nom dit cabane à sucre, mais ça dit pas combien de sucre. Un peu comme ça faut voir la vie de Gars des Gars: t’en profite, pis quand pis si tu pars, ben tu y penses plus.

Kotkaniemi, il va peut-être bien en marquer quelques douzaines en Caroline. Mais ça va jamais compter ici à Montréal. C’est là l’important.

À la prochaine revoyure, mon Marco! J’ai ma tire d’érable qui m’attend!

Poutine. Sarcasm. #GFOP. My own views. Wayne fever forever. Not a troll account.

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